12 rencontres animalières – 2025
On pense souvent qu’il faut partir loin pour photographier la faune sauvage. Pourtant, la vraie aventure commence parfois tout près de chez soi, au détour d’un chemin, dans un paysage familier que l’on apprend à regarder autrement.
En 2025, j’ai vécu 12 rencontres animalières marquantes, toutes réalisées à moins de 40 km de mon domicile, dans le département de l’Allier, au cœur du bocage bourbonnais.
Un travail de photographie animalière locale et engagée
Ce travail photographique repose sur une approche simple : connaître un territoire plutôt que le traverser, l’observer dans la durée, comprendre ses rythmes et ses biotopes.
Cerfs, chevreuils, renards, buses variables, grandes aigrettes, grues cendrées… Le busard, espèce en déclin grave dans l’Allier, fait partie des rencontres fortes de ces dernières années. Le grand corbeau, nouvellement observé dans le département, illustre l’évolution actuelle des équilibres naturels.
Et puis il y a eu cette rencontre exceptionnelle avec le loup, inespérée dans la région, symbole puissant de la résilience du sauvage.
Bien sûr, toutes les espèces rencontrées ne peuvent être présentées ici. Mais chacune de ces images témoigne de la richesse de la faune sauvage en milieu rural, malgré les pressions croissantes.













Le bocage bourbonnais : un biotope riche mais menacé
Le bocage bourbonnais est un écosystème précieux, façonné par les haies, les prairies, les zones humides et les lisières forestières.
Aujourd’hui, il est fortement fragilisé par la pression agricole : arrachage des haies, disparition des corridors écologiques, appauvrissement des habitats, banalisation de la culture du maïs, drainage des zone humide et des prairies.
À cela s’ajoutent les effets désormais visibles du changement climatique : pics de chaleur de plus en plus fréquents, sécheresses estivales, manque d’eau chronique, perturbation des cycles de reproduction et de migration.
Une pression humaine permanente sur la faune sauvage
Dans l’Allier, la chasse est aujourd’hui pratiquée presque toute l’année, exerçant une pression constante sur la faune sauvage. Cette présence continue perturbe profondément les comportements animaux : déplacements, alimentation, reproduction. Il s’agit d’une pollution invisible des espaces ruraux, difficile à quantifier, mais omniprésente pour les espèces qui y vivent toute l’année.
Photographie animalière à l’affût : patience et persévérance
Photographier ici, c’est faire le choix de la photographie animalière à l’affût. S’installer, attendre, observer avant de déclencher. Revenir souvent, parfois sans image. Accepter l’échec comme une étape normale. La patience et la persévérance ouvrent plus de portes que les kilomètres parcourus.
Le sauvage est déjà là, près de chez nous
On croit souvent que le sauvage se trouve ailleurs, plus loin, plus spectaculaire. Pourtant, il est encore bien présent, là où l’on prend le temps de regarder, même dans des territoires soumis à de fortes pressions. Ces images sont une invitation à changer de regard sur la nature ordinaire, à mieux connaître la biodiversité locale, et à prendre conscience de l’importance de sa préservation.