Cerfs de Troncais

Comment vivre tranquillement

Parlons d’abord image

Pour la troisième année consécutive la chaleur, le manque d’eau et le vent ont marqué l’année 2020 dans l’Allier. Comme la forêt, la faune sauvage s’adapte, mais souffre de ces excès climatiques à répétition. Dans ces conditions, il est de plus en plus difficile de réussir des images d’ambiances, plus ou peu de brumes, brouillards, neiges, ou conditions humides printanières. Quant au brame, comme d’habitude, la fréquentation humaine en forêt est importante. J’évite maintenant de fréquenter le massif à cette époque. Les cerfs se sont habitués à cette sur-fréquentation, ils ne brament que très exceptionnellement la journée, ce qui heureusement ne les empêche pas de se reproduire. La fréquentation des curieux reste évidemment bien moins nuisible que la chasse en période de brame.

Les cerfs de Tronçais

Les indicateurs utilisés depuis plus de 20 ans montrent que la population de cervidés est plutôt stable. On observe aussi une forte tendance à la dispersion, dans les territoires de plus en plus éloignés du massif domanial. Cette dispersion n’a rien d’un hasard, l’exploitation forestière intense, la chasse pratiquée 6 jours sur 7, 7 mois par an dans le massif provoque des déplacements constants des cervidés. Soyons clairs, si l’on laisse le choix à chacun, qui préfère habiter au bord du périphérique ou en zone de guerre ? Plutôt que dans le calme et la paix de la campagne. Les cervidés sont aussi pragmatiques que les hommes dans la recherche de leur confort. Mais, il y a un mais, attiré par le trophée, la campagne s’agite maintenant au rythme de la forêt, alors où est la place des grands herbivores, dans les congélateurs et au-dessus des cheminées … Dans l’Allier, le cerf n’a clairement pas le droit de vivre libre hors de la forêt de Tronçais.

La place de la faune sauvage dans la société contemporaine

L’amélioration des connaissances du vivant et de la faune sauvage provoque un tournant quant à sa place dans nos sociétés. La manière d’appréhender les espaces naturels change, et la très grande majorité des français constate l’inutilité quasi total de la chasse, si l’on veut bien faire revenir les prédateurs naturels dans notre pays, bien meilleur dans ce rôle que ce qu’est devenu l’homme. Ce changement est profond et durable, le point de basculement vers la préservation des espaces sauvages s’élabore. Si ce sujet vous intéresse, je vous invite à la lecture de ce livre. Manières d’être vivant de Baptiste Morizot


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